dimanche 11 octobre 2015

Exposition du photographe Francis Bacon à la galerie du Philosophe

‘TRANSFIGURATION’ FRANCIS BACON

Exposition de photographies
10 octobre au 22 novembre 2015 // Galerie du Philosophe - Carla-Bayle – Ariège

























« Mes aventures photographiques naissent souvent d’une façon inattendue, comme ce bottin, marque-page des années qui passent, en instance de recyclage et déposé dehors un soir de pluie, à l’origine de cette nouvelle série de photos.
Chaque année mise à jour, cette mine d’informations imprimées révèlent un peu de notre existence, de notre histoire…
M’interrogeant sur la vie éphémère d’un bottin, l’idée m’est venue de lui donner forme au travers d’une interprétation de son cycle de vie, depuis son « origine » jusqu’à son recyclage. »
Photographe indépendant depuis 1976 dans le domaine publicitaire, Francis Bacon a toujours conjugué son activité commerciale et créative avec sa passion. Ses images résultent de l’exploration de plusieurs thèmes : instantanés, instal-lations éphémères et photographies plasticiennes." Francis Bacon

Texte de Jean-pierre Pourtier, président de Rue des Arts :

Rue des Arts a l’honneur de recevoir dans le cadre de l’exposition d’automne Francis Bacon, artiste photographe :
Avec pour thème TRANSFIGURATION
Présentant une exposition de photos née de la manipulation plastique d’un bottin et de papiers aux différentes textures.
Rue des Arts,  agissant sur le thème du contre sens/dissidence, s’efforce de vous révéler des artistes qui œuvrent en ce sens.
Et la question que je me pose avec la photo et plus précisément avec celle de Francis Bacon, est : en quoi ces images se démarquent-elles d’une représentation classique de la photographie ?
En quoi l’artiste dévoile-t-il par sa photographie une orientation justifiant du contre sens/dissidence ?
L’objet de mon questionnement :
Est-ce que dans ces représentations, Francis Bacon intègre par sa photographie, le contre sens artistique ?
C’est sur ce sujet que je broderai mon discours.
Et c’est sur la base du thème posé par la Rue des Arts, au travers de ses photos présentes au philosophe, que je chercherai les traces évocatrices complémentaires d’un ‘dire’ autre :
Pas simple en tout cas.
Ce que je peux percevoir, par l’angle qu’il nous donne photographiquement à voir du bottin … le détour qu’il fait de l’usuel papier, m’évoque un sens qui parle d’autre chose que du bottin lui-même, un sens contigu à l’objet sculptural…
Il parle de, Transfiguration…  entendons transposition, transformation, en tout cas il y va d’un « trans quelque chose de l’objet ». Où l’objet de communication fond, non plus en un volume, mais vers un aplat. Une prise photographique de la tranche  qui permet à l’œil de glisser du volume vers l’aplat … Ainsi la photo détourne la représentation de l’objet en une signification écarté de sens, s’éjectant quasi totalement hors de l’orientation usuelle de l’objet.
Est-elle à contre sens pour autant… ?                        (Poursuivons)
Une représentation du bottin, oui, mais pas tout à fait indéterminée, où le sens du noir et du blanc grave en quelque sorte une graphie de signes. Signes qui nous propulsent ailleurs, loin de la représentation courante de l’objet bottin.
Dès lors, si nous voulons réfléchir le bottin ou le papier nous ne pouvons les agripper que par effort de pensée, tant nous sommes investis d’un détour émotionnel. Un sens photographique autre. Nous sommes saisis par une graphie de noir et blanc qui anime nos sens. (Entendons une graphie sans représentation de signes interprétables et totalement impénétrable, énigmatique. Nous pourrions évoquer une écriture de l’imaginaire, mais cela ne me paraît pas approprié. Le signe, à mon sens, fait résistance).
Aussi ne reste-t-il de l’objet bottin-papier que la flétrissure de traits où se joue la respiration d’une sensibilité émotionnelle par laquelle l’artiste cherche à nous immerger …
Francis Bacon ne fait pas de la photo, me semble-t-il, une représentation spécifique pour l’objet, mais il invoque l’objet comme sens manifeste pour ‘dire’, ce sera pour lui un moyen de communication ou la forme provoque une sensibilité au regard, où la photo détourne et prend valeur de dissidence face à la pauvreté de l’objet.
Par l’angle d’attaque qu’il donne à voir, il me semble que s’opère un renversement sur les valeurs. Une autre forme émerge et le regard vient investir une sensibilité émotionnelle autre que ne peut le faire l’objet au quotidien.
S’agissait-il pour lui de tendre des pièges au regardeur pour inciter notre vue vers une autre façon de comprendre l’objet volume, l’objet banal, animer cette graphie du signe ?  En froisser, en dérouler l’enveloppe en traits émouvants, afin que l’objet lui-même perde sens, pour que la tranche représentative du bottin ou du papier anime son écriture en des signes chargés d’une émotionnelle teneur ?
Il me semble que oui.
En tout cas, sommes-nous confronté par des images qui, tout en douceur, font passer un sentiment curieux de poésie et de solitude, où s’ouvre par ce détournement de la pensée, allez savoir pourquoi, un brin de mélancolie.
Nous sommes par la représentation de ces images dans une approche où l’artiste cherche par le choix du thème, par le moyen des jeux de lumière, par le glissement des feuillets à intercepter notre regard. Il tente à nous ouvrir une porte vers un angle où s’estompe à notre vue, le volume.
Par cette lecture répétitive qu’il nous livre, il nous fait toucher du doigt avec beaucoup de délicatesse une autre forme d’écriture que celle à laquelle l’homme destinait ce lien de communication.
Car en prenant la lumière comme source de vie, ces photographies éclatent et nous illuminent, par leurs aspects paisibles. Et l’objet perdu dans nos rituels conceptions de banalité d’objet, souligne maintenant dans leurs traits une incontestable calligraphie de signes.
Une écriture que Francis Bacon scande et rompt avec l’excès du détail… un quelque chose de difficile à traduire et à dire par des mots.
Beaucoup de poésie,
De silence dans ces images.
Une graphie d’un ‘pas grand chose’ pour percuter notre conscience de représentations griffées de symboles …
Des formes, informes…où s’appose le silence.
Ai-je défini si Francis Bacon entre bien dans le critère de la Rue des Arts lorsque l’on évoque cette dissidence de représentation ?
Merci à l’artiste Francis Bacon pour cette magnifique expo  qu’il nous propose de voir jusqu’au 22 novembre et merci à vous tous d’être venu. JPierre Pourtier - le 10 octobre 2015

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