lundi 25 avril 2016

Loreto Corvalàn, sa vie en peinture (La Dépêche, 23.04.2016)

Loreto Corvalàn avec Jean-Pierre Pourtier, président de Rue des Arts./Photo DDM.
Loreto Corvalàn avec Jean-Pierre Pourtier, président de Rue des Arts./Photo DDM.

La Rue des Arts accueille, à la galerie du Philosophe, une exposition de peinture, «La maison brûle», de l'artiste chilienne Loreto Corvalàn. Une série de toiles évoquant l'abandon contraint de sa maison et le drame qu'il occasionne. Encore aujourd'hui, dans leur exil, trop nombreux sont ceux qui doivent tout quitter, les murs et les rêves, les souvenirs et les meubles. Ces œuvres ne sont pas nées du hasard car Loreto Corvalàn, qui a fui son pays, le Chili, sous la pression de Pinochet, il y a une trentaine d'années, a vécu ce drame. Après des études de géographie au Chili, elle se dirige, une fois arrivée en France, vers l'art et obtient, en 1991, le diplôme national d'expression plastique à l'école des beaux-arts de Toulouse. Sa première passion, l'illustration, transparaît nettement dans ses tableaux en noir et blanc. «J'ai laissé tomber la couleur et je travaille maintenant plus dans la concentration et le contraste.» Ce qui colle parfaitement au sujet.
Vivant en Normandie, elle s'est rendue plusieurs fois dans la «jungle» de Calais et, à travers des associations d'accueil de migrants, a lié des contacts avec ceux qui y vivent. Une cause, une de plus, qui l'a poussée a s'exprimer sur le sujet.
Lors du vernissage de l'exposition, Jean-Pierre Pourtier, président de Rue des Arts, louait l'artiste : «Magnifique travail rempli de sens, d'interrogation. Mais quel sens peut se soumettre à nos regards où se suspend la légèreté du signe, où nos mots restent dessaisis par le regard, où notre parole ne devient qu'une parole muette, figée à une attention, sans pouvoir émettre un son. Il me semble que Loreto montre une vision du monde investie de signes pour y effacer de la mémoire les traces d'une souffrance dont nous ne pouvons recevoir que des particules traces, tant l'inimaginable, qui en construit le sens, la rend intenable (…)» Très touchée par les mots du président, Loreto explique sa démarche d'avoir voulu rendre hommage à tous ceux qui quittent leur maison.
En marge de l'exposition, la projection d'une vidéo sur la «jungle» de Calais, réalisée par Ariane Doublet, cinéaste normande mais pas inconnue en Ariège puisqu'elle est venue présenter son travail lors des Journées ciné-rencontre, en 2014, au Fossat.
Expo jusqu'au 29 mai, tous les jours, de 14 heures à 18 heures.
La Dépêche du Midi

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire