jeudi 5 juillet 2018

La Dépêche du 04/07/2018


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Le festival d'art contemporain s'intéresse à l'habitat en 2018

Fêtes et festivals

Du 07/07/2018 au 02/09/2018
L'artiste Nicolas Daubanes devant une de ses œuvres et Nicolas Lorieux, administrateur culturel. / DDM, M. B.
L'artiste Nicolas Daubanes devant une de ses œuvres et Nicolas Lorieux, administrateur culturel. / DDM, M. B.

Après avoir placé le festival 2017 sous le thème de la nature à l'ouvrage, cette année, pour la 24e édition du festival d'art plastique, l'association Rue des arts s'intéresse au bâti, aux maisons, aux habitations. Une suite logique qui a pour but d'éclairer le public sur l'intégration de l'habitat dans le paysage et tout ce que cela génère comme modification de l'espace naturel. Bernard Roy, président de l'association Rue des arts, explique la démarche : «Nous avons souhaité adresser le thème de «l'habiter» en questionnant les multiples faces de l'espace social, celui de l'espace urbain et rural qui nous entoure mais également celui des créations éphémères des utopies.» Volontairement, l'association a mis de côté les réalisations des grands architectes pour s'intéresser principalement à l'architecture de «tous les jours».
Ainsi sur ce thème, trois artistes exposent leurs travaux : Yan Bernard, Nicolas Daubanes et Alexis Judic, qui élaborent un constat critique et parfois désabusé. Alexis Judic analyse le parcours catastrophique de la ville pavillonnaire et son habitation individualisée dont l'entropie menace l'habitabilité du monde à laquelle il oppose les formes architecturales utopiques et communautaires. Reproduisant des processus de croissance analogues à celui des cristaux, Yan Bernard produit à l'infini des formes dont la multiplication brouille la signification originelle. Par là il interroge le rapport entre virtuel-réel et l'idée d'architecture, l'ambiguïté d'un objet-sculpture-maquette. Nicolas Daubanes concentre son champ d'action sur les espaces sociaux clos comme les prisons, les écoles ou les hôpitaux. Il interroge les multiples modes de résistance au contrôle social dont ces architectures spécifiques sont à la fois le symbole et la mise en œuvre pratique.
Le festival est aussi le coup d'envoi de la saison pour les nombreuses galeries d'art disséminées dans le village qui ouvrent ce jour-là.

Du 7 juillet au 2 septembre. Contact : galerie du Philosophe, tél. 05 67 44 18 01.
Vernissage samedi, à 18 heures, place de l'Europe, précédé par l'inauguration à 17 h 15 d'«Inside out», portraits de Carlanais collés sur le rempart sud.
La Dépêche du Midi

Article La Dépêche du 28.06.2018

Précision : Yan Bernard aura son travail exposé dans la bibliothèque et non dans le temple !



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Festival d’été de Carla-Bayle

Le Carla-Bayle organise son festival d'été.
Le Carla-Bayle organise son festival d'été.
Cette ancienne citadelle, fortifiée au XIVe siècle par Gaston Fébus, qui héberge dans ses ruelles anciennes et maisons de caractère de nombreuses galeries d’art, organise, du 8 juillet au 3 septembre, son Festival d’été sur la thématique de l’« habiter ». Introduite par l’exposition de printemps, cette thématique est développée durant l’été avec trois artistes, Yan Bernard, Nicolas Daubanes et Alexis Judic.
Yan Bernard présentera la création d’un ex-voto de papier qui sera suspendu dans le temple protestant du village. Il exposera également ses architectures dans le carré d’art. Nicolas Daubanes travaille sur le rapport des résidents à leurs lieux d’hébergements forcés. Les prisons, les hôpitaux sont ses premiers centres d’intérêt et sujets de questionnement. Il exposera à la Galerie du Philosophe une œuvre autour du thème de la sirène d’alarme. Quant à Alexis Judic, son travail ne cesse de s’inscrire dans un lieu intermédiaire entre les arts plastiques et l’architecture.
http://contactruedesarts.wix.com
ladepeche.fr

La Dépèche du 05/07/2018



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Au Carla-Bayle, une exposition sur les remparts dans le style de l'artiste JR



En début de semaine, les bénévoles se chargent de coller les photographies sur les remparts./Photo DDM, M.B.
En début de semaine, les bénévoles se chargent de coller les photographies sur les remparts./Photo DDM, M.B.

Samedi 7 juillet, le village inaugurera sur les remparts sud une exposition de photographies d’habitants, qui s’inscrit dans le cadre du projet Inside Out, initié par l’artiste JR.
Le travail est physique : dès le matin, une dizaine d’habitants du village du Carla-Bayle, tous bénévoles, collent 220 portraits d’habitants en noir et blanc sur les remparts sud. L’un se tient en bas, pour assurer que le bas soit bien fixé, pendant que les autres restent en hauteur pour placer la colle et faire adhérer les images à la brosse.
Pendant l’installation, les badauds s’arrêtent pour commenter le travail de leurs voisins et essayer de reconnaître des visages familiers. Colle à tapisserie, coups de brosses pour faire adhérer le papier recyclable au mur de pierre, échelles et nacelles, la tâche est ardue mais le résultat gratifiant. Des portraits captivants de personnes de tout âge se succèdent, parfois tendres, drôles ou sérieux. Cette exposition peu banale sera inaugurée samedi, et visiteurs et curieux pourront découvrir l' impressionnante tapisserie murale représentant leurs voisins.

Dans le cadre du projet Inside Out de "JR"

L'initiative s’inscrit dans le cadre du projet Inside Out, initié par l’artiste JR, connu pour ses portraits grandeur nature. En 2011, il décide de lancer un projet d’art participatif et global, intitulé Inside Out. Il propose à chacun, en s’inspirant de ses propres œuvres grand format, de coller leurs portraits dans les rues pour véhiculer un message particulier. Plus de 260 000 personnes à travers le monde se sont lancées dans cette aventure artistique inédite… tout comme les Carlanais.
Conquis par l’idée, certains habitants ont décidé en septembre dernier de participer. Avec une idée bien précise en tête : " Le Carla est la ville natale du philosophe Pierre Bayle, qui prônait la tolérance, les habitants du Carla ont voulu célébrer ça tous ensemble ", explique Philippe de Watteville, artiste peintre qui participe à l’installation des portraits.

Célébrer la tolérance

Un message particulièrement résonnant pour cette commune, repaire d’artistes ouverts aux autres, où près de 10 % de la population sont en Cada (centre d’accueil de demandeurs d’asile). Il a fallu cependant entamer de nombreuses discussions auprès des habitants pour jauger le projet, et les convaincre.
Une dizaine de photographes bénévoles, amateurs ou professionnels, ont proposé leurs services et tiré le portrait des 220 habitants qui se sont prêtés au jeu dans un studio récurrent dans une épicerie et dans des studios mobiles. Le résultat a été imprimé à New York et financé par JR. Cette mosaïque de photographies en papier recyclable restera sur les murs jusqu’à ce la nature et le temps aient fait eux aussi leur œuvre.
MANON BRICARD